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Les interactions CBD avec les médicaments

Notre avis !

L’année 2021 sonne l’avènement du CBD. Des produits dérivés du Cannabidiol (e-liquides, huiles, fleurs, concentrés) pleuvent sur le marché pour satisfaire les goûts et les envies des consommateurs les plus exigeants. Face aux résultats des recherches scientifiques sur les vertus de la molécule, l’Europe décide de légaliser le CBD et d’autoriser sa libre circulation sur l’ensemble du territoire. Une campagne d’information massive est alors menée pour en communiquer les effets bénéfiques. En médecine, le CBD est efficace pour traiter l’insomnie, l’anxiété, ou encore les douleurs chroniques. Cependant, cette substance est susceptible d’interagir avec certains médicaments. Il s’avère essentiel de demander l’avis de votre médecin avant de vous lancer dans l’aventure du CBD. Si ce dernier ne cause que des effets secondaires mineurs, des risques d’interactions médicamenteuses demeurent. 

Qu'est-ce que le CBD ?

Le Cannabidiol, communément appelé CBD, est l’un des principaux composés chimiques de la plante de chanvre. Il est généralement extrait d’une variété de cannabis, la Sativa. L, et représente près des 40 % des principes actifs de la plante. Un autre Cannabinoïde, le fameux delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), reste l’ingrédient actif central du CBD.

Des études scientifiques ont décelé le potentiel du CBD en médecine. En effet, le CBD peut soulager divers troubles tant physiques que psychologiques. Les exemples les plus fréquemment cités sont la dystonie (un type de trouble musculaire), les convulsions, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la schizophrénie, le trouble bipolaire ou encore l’anxiété. Mais ce n’est pas tout, un nombre croissant de fumeurs recourent à cette substance pour les aider dans leur combat contre l’addiction tabagique et nicotinique.

Le Cannabidiol se prête à deux types de consommations : la voie orale et l’inhalation (au travers des vaporisateurs de CBD ou des cigarettes électroniques). Selon leurs préférences personnelles et les effets recherchés, les consommateurs sont en mesure de se tourner vers des huiles, tisanes, et e-liquides en tous genres. Cette molécule constitue une alternative naturelle intéressante au traitement médicamenteux. Il est également possible de l’envisager en tant que complément d’un traitement médicamenteux.

Par ailleurs, la communauté scientifique détecte des effets antipsychotiques chez le CBD. Si les origines de cette vertu n’ont pas été déterminées de manière précise, elle reste bel et bien certaine. Le CBD agit sur un composé chimique du système nerveux en empêchant sa dégradation. La partie du cerveau qui gère la douleur, l’humeur et la fonction mentale, semble stimulée. Pour cette raison, cette molécule est éventuellement capable de soulager les symptômes psychotiques liés à la schizophrénie. Elle détient également le potentiel pour contrer les effets psychoactifs du THC. En somme, elle soulage la douleur et réduit l’anxiété.

À ce jour, la communauté scientifique donne au CBD une évaluation positive. Même à des doses élevées, elle demeure inoffensive. Même si des risques d’effets secondaires ne sont pas à écarter, ces derniers sont mineurs et ne mettent en aucun cas la santé en péril. Toutefois, en cas de prise conjointe avec des médicaments, quelques interactions peuvent éventuellement s’opérer au sein de l’organisme. Des précautions sur le bon emploi de ce composé chimique sont donc de mise. Il est essentiel de se demander comment l’organisme métabolise certaines substances. Nous vous invitons donc à consulter systématiquement votre médecin traitant avant d’inclure des produits dérivés du CBD dans vos rituels quotidiens. Les médicaments sous ordonnance, en particulier, sont sensibles aux interactions médicamenteuses.

Est-ce que le CBD peut provoquer des interactions avec mes médicaments ?

La première question qu’il faut se poser avant de consommer régulièrement du CBD est la suivante : « le CBD provoque t-il des interactions avec mes médicaments ? ». Malheureusement, la réponse est sans appel. Oui, le CBD peut interagir avec les médicaments. Lorsqu’il est consommé à des doses élevées, ce Cannabinoïde inhibe le groupe d’enzymes hépatiques appelé cytochrome P450. Plusieurs réactions en chaîne s’enclenchent de sorte que le corps modifie la manière dont il métabolise une grande variété de composés chimiques souvent présents dans les produits pharmaceutiques. 

Le pamplemousse est l’exemple parfait pour mieux appréhender les réserves de la communauté médicale face à la consommation conjointe de CBD et de médicaments. Cet agrume désactive le même groupe d’enzymes hépatiques. Dès lors, les médecins ont tendance à recommander aux patients de ne pas en manger dans les instants qui précèdent ou suivent la prise de médicaments. Pour revenir au Cannabidiol, lorsque cette molécule désactive le cytochrome P450, elle occasionne possiblement deux conséquences majeures. Soit les effets des autres médicaments sont stimulés ; soit lesdits effets se retrouvent réduits. Ainsi, certains médecins recommandent parfois aux patients de monitorer les fluctuations des niveaux sanguins des autres médicaments, durant la prise de CBD.

La communauté scientifique et médicale s’accorde à dire que le CBD est une substance sans danger. Toutefois, quelques effets secondaires indésirables sont à prévoir, en particulier dans le cas où il est consommé à de fortes doses (mentionné plus haut). Non toxique et non addictif, il est vecteur de plusieurs attributs thérapeutiques. L’industrie pharmaceutique en comprend le potentiel. Elle l’intègre alors à un large panel de préparations pharmaceutiques et à base de plantes. Face à la hausse de la demande en Cannabidiol, de nombreuses études sur les interactions entre les médicaments et ce composé chimique se multiplient.

Quel rôle jouent les enzymes cytochrome P450 dans l'interaction CBD - Médicaments ?

La famille d’enzymes cytochrome P450, communément appelé CYP450 joue un rôle prépondérant dans le métabolisme de nombreux Cannabinoïdes, notamment le CBD. C’est l’enzyme CYP3A4, un membre important du groupe d’enzymes hépatique CYP450 qui est chargé d’agir sur le CBD. Au cours de ce processus, les actions se révèlent mutuelles. D’un côté, le CYP3A4 métabolise près de 60 % des médicaments sous ordonnance. D’un autre côté, le CBD désactive le CYP 3A4, l’empêchant de métaboliser correctement les composés chimiques des produits pharmaceutiques introduits dans le corps. La réciproque reste également vraie. En prenant tout d’abord des médicaments, il y a de fortes chances que les enzymes CYP3A4 se retrouvent inhibées. Lorsque nous consommons ensuite du CBD, le métabolisme devient incapable de décomposer efficacement la molécule.

En d’autres termes, les interactions entre le CBD et les cytochromes P450 sont au cœur des préoccupations des médecins et scientifiques. Ces 2 substances s’inhibent mutuellement, endossant le rôle « d’inhibiteur compétitif ». Les autres composés chimiques présents dans les médicaments, perdent alors l’opportunité de se faire métaboliser, perturbant grandement son action. Lorsque l’organisme peine à métaboliser un médicament, une quantité plus importante que prévu est susceptible d’inonder le système. En effet, dans le cas où celui-ci n’est pas assez rapidement décomposé, malgré un dosage scrupuleusement respecté, il est possible que les taux de médicaments circulant dans l’organisme augmentent. Les effets attendus (thérapeutiques) sont exacerbés. De même, les effets secondaires et autres effets nocifs sont immédiats.  À contrario, il existe des substances qui intensifient le travail des enzymes hépatiques CYP P450. Dans ce cas de figure, la quantité de médicaments présente dans le sang diminue. Son efficacité ainsi réduite devient insuffisante pour venir à bout de la maladie traitée. 

Plusieurs facteurs influent sur les interactions entre le CBD et la manière dont le foie métabolise les médicaments. Il s’agit :

  • Des quantités de CBD ingérées par voie orale ou inhalation ;
  • Des caractéristiques individuelles du patient ; et
  • Du type de CBD utilisé (à base de plante entière ou bien du CBD isolé)

Selon l’un ou l’autre de ces 3 critères, le degré de liaison du CBD au site de l’enzyme CYP450 avant et après le processus d’oxydation varie grandement. Si les taux de Cannabidiol administrés se montrent insuffisants, aucun effet notable sur les enzymes hépatiques n’est à prévoir. Par ailleurs, il ne faut en rien écarter d’autres actions éventuelles de ce Cannabinoïde sur les CYP. La recherche actuelle ne parvient pas encore à établir le seuil de CBD à partir duquel aucune interaction médicamenteuse n’est à craindre.

Le test du pamplemousse

Le public éprouve par moment des difficultés à appréhender les expériences scientifiques complexes. Le test du pamplemousse se dresse comme l’analogie qui facilite la compréhension des interactions entre le CBD et les médicaments. Selon les études menées par Eileen Konieczny et Lauren Wilson, publiées dans l’ouvrage Healing with CBD : How Cannabidiol Transform Your Health Without the High, les relations entre le CBD et les médicaments sont similaires à celles du pamplemousse avec les médicaments. En un mot, si votre médecin vous demande de ne pas consommer du pamplemousse pendant toute la durée de votre traitement, vous aurez probablement à oublier également le CBD, étant donné que ses effets sont supérieurs à ceux du pamplemousse.  “Le CBD interagit avec les médicaments de la même manière que le pamplemousse. Mais le CBD a des effets beaucoup plus puissants. Donc si la réponse est oui, vous saurez que l’interaction pourrait être un problème pour vous.” – Dr Jordan Tishler, M.D. et président de l’Inhale MD, médecin spécialiste du cannabis au Massachusetts.

À l’instar des produits dérivés du CBD, le pamplemousse possède aussi des composés chimiques capables d’affecter les enzymes cytochromes P450. Une interaction médicamenteuse se déclenche et certains médicaments sont dans l’incapacité de métaboliser correctement. Aussi, pour plus de sécurité, veillez à demander systématiquement à votre médecin si la consommation de le pamplemousse s’avère incompatible avec votre traitement. Si tel est le cas, le CBD sera fortement déconseillé pour vous.

Les utilisations du CBD dans le milieu médical ainsi que ses interactions médicamenteuses

Nous avons précédemment déterminé que les interactions médicamenteuses engendrées par le CBD existent bel et bien, mais de manière modérée. Récemment, une chercheuse à l’Université de Toronto, Carola Rong, s’est penchée sur la question. La scientifique avance qu’un éventail de médicaments présente des effets plus puissants. Des types de médicaments peuvent éventuellement perdre leurs effets bénéfiques. Ces interactions entre médicaments et principes actifs sont soumises à différents facteurs :

  1. Médicaments modifiés par le foie

(Substrats du cytochrome P450 1A1 – CYP1A1-)

Le Cannabidiol agit sur des enzymes hépatiques. Cette action influence directement la vitesse avec laquelle le foie décompose certaines substances chimiques présentes dans les médicaments. Ce rythme accéléré risque de stimuler à la fois des effets curatifs et des effets secondaires. Si vous constatez des changements notables de votre état de santé, parlez-en à votre médecin. Réduire significativement (ou subtilement) les dosages de votre traitement est éventuellement nécessaire.

Nous avons préparé pour vous une liste non exhaustive de médicaments courants qui interagissent potentiellement avec le CBD. Ce Cannabinoïde, consommé à des dosages élevés, empêche le foie de métaboliser les principes actifs présents dans les produits pharmaceutiques.

  • Cardiopathie : la warfarine (Coumadin®).
  • Hypertension artérielle : le losartan (Cozaar®), le propranolol (Hemangiol®, Adrexan® …), le vérapamil (Isoptine®, Verapamil®), metoprolol (Lopressor®), amlodipine (Amlor®), nifedipine (Adalat®)
  • Tachycardie : le flecainide (Flecain®)
  • Diabète type 2 : le glipizide (Glucotrol®)
  • Alcoolodépendance : le disulfirame (Esperal®)
  • Corticoïde : la dexaméthasone (Celestene®)
  • Reflux gastrite : l’oméprazole (Mopral®, Zoltum®), le lansoprazole (Lanzor®, Ogast®), le pantoprazole (Eupantol®, Inipomp®).
  • Traitement hormonal : la progestérone (Menaelle®, Utrogestan®), la testostérone (Avodart®, Nebido®), la progesterone (Estima®, Progestan®)
  • Antidépresseur : l’amitriptyline (Elavil®), paroxetine (Dorexat®)
  • Anti-fongique : ketoconazole (Ketoderm®), itraconazole (Sporanox®)
  • Antiépileptique : l’acide valproïque (Depakine®), le phénobarbital (Gardenal®)
  • Anxiolytique : le diazépam (Valium®), alprazolam (Xanax®)
  • Antihistaminique : fexofenadine (Telfast®)
  • Antipsychotique: l’amitriptyline (Elavil® , Laroxyl® ..), l’halopéridol (Haldol® , Vesadol®), risperidone (Risperdal®), venlafaxine (Effexor®)
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens : diclofénac (Cataflam®, Voltaren®), l’ibuprofène (Advil®, Brufen®), le méloxicam (Mobic®) et le piroxicam (Feldene®); le célécoxib (Celebrex®)
  • Anesthésique : le méthoxyflurane (Penthrox®), l’halothane (Fluothane®)
  • Antalgique : le tramadol (Contramal®, Topalgic®, Zulmagic®)
  • Bronchodilatateur/BPCO : le théophylline (Dilatrane® , Xanthium® …).
  • Schizophrénie :  la clozapine (Leponex®, clozapine®)Antiémétique : l’ondansétron (Zofran®),
  • Relaxants musculaires : La chlorzoxazone (Lorzone® , Parafon® …)
  • Anesthésique : la kétamine (Ketamine®)
  • Sédatif : le chlorméthiazole (Heminevrin®),
  • Anti-rejet : cyclosporine (Neoral®, Sandimmun®)
  • Anti-cholestérol : lovastatin®
  • Antibiotique : clarithromycine (Zoclar®), erythromycin (Egery®)
  • Cancer côlon / colorectal : l’oxaliplatine (Eloxatin® )
  • Cancer prostate : le flutamide (Eulexin®)
  • Cancer bronchique non à petites cellules : l’erlotinib (Tarceva®)
  • VIH : le nelfinavir (Viracept®)
  1. Médicaments sédatifs 

La prise de CBD entraîne la somnolence et la léthargie. Dans certaines situations, le Cannabidiol est administré en complément de traitement médicamenteux à effets sédatifs. Nous pouvons citer : la morphine, le propofol (Diprivan®) ou encore le phénobarbital (Gardenal®). Les effets de ces substances lorsqu’elles sont simultanément administrées sont multipliés. Il est impératif d’y prendre garde.

  1. Les interactions avec des plantes naturelles et les compléments alimentaires 

Le CBD se prête à de nombreux usages. Il peut soit s’administrer seul ; soit se combiner avec des compléments alimentaires ou herbes connues pour leurs propriétés sédatives. Dans ce cas de figure, le patient a tendance à éprouver une fatigue plus ou moins importante. Parmi les plantes naturelles et compléments alimentaires les plus communément utilisés conjointement avec le CBD, nous pouvons citer : le sassafras, le cornouiller de Jamaïque, le kava, le L-tryptophane, la mélatonine, la sauge, le millepertuis, … Cependant, à ce jour, aucune interaction avec les aliments n’est à craindre.

Les mesures de sécurité et effets secondaires du CBD

Le CBD représente une molécule aux multiples vertus. Certes, des interactions médicamenteuses peuvent potentiellement survenir en utilisant le CBD comme complément d’un traitement médicamenteux. Néanmoins, si le processus se déroule sous la surveillance de votre médecin traitant, aucun réel danger n’est à envisager. Certains médicaments mettent en garde contre la consommation de pamplemousse pendant toute la durée du traitement. Mais tant que la prise de CBD est régulée par votre médecin, la logique du test du pamplemousse ne s’applique plus. Si d’aventure votre médecin s’inquiète d’une éventuelle interaction entre le CBD et vos médicaments, il est en mesure d’effectuer un monitoring du fonctionnement hépatique. Il peut également opter pour une surveillance des niveaux de sérum plasmatique liés aux médicaments sous traitement que vous prenez. Dans tous les cas, veillez à rester à l’affût du moindre changement de la manière dont votre médicament habituel (bien le CBD) agit sur votre organisme.

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